La Vélodyssée, pôle d’attractivité pour les territoires

Bicycles parked against the beach in the island of Batz with no people. Summer adventure

La Vélodyssée, itinéraire de véloroutes et voies vertes long de 1 290 km, offre aux amateurs de slow tourisme ou de tourisme sportif un parcours cyclable d’exception, à travers sa diversité de paysages. Initié en 2008 et inauguré en 2012, ce projet est porté par 3 régions et 9 départements français, avec l’accompagnement de partenaires institutionnels, tels que Vélo & Territoires et France Vélo Tourisme.

Comment la Vélodyssée booste-t-elle l’attractivité touristique des territoires ? Quelles en sont les retombées économiques ? Éclairage.

La Vélodyssée, première véloroute de France

Initialement baptisée « Véloroute atlantique », la Vélodyssée est la partie française de l’EV1, l’un des 19 itinéraires de l’EuroVélo, réseau européen des routes cyclables. De Roscoff à Hendaye, elle offre près de 1 300 km de routes balisées, dont 70 % sont aménagées exclusivement pour les cyclistes. Elle traverse le cœur de la Bretagne et ses terres légendaires, puis longe le littoral atlantique jusqu’au pays basque.

Itinéraire de la Vélodyssée (sources : www.lavelodyssee.com)
Itinéraire de la Vélodyssée (sources : www.lavelodyssee.com)

Tout au long du parcours, la Vélodyssée décline ses paysages diversifiés (canaux, forêts, landes, marais, dunes…) et propose la découverte de nombreux sites naturels et sites patrimoniaux. Autant de richesses qui lui ont permis, en 8 années seulement, de se positionner comme destination cyclable d’excellence et de se hisser à la première place des véloroutes de France. Chaque année, elle enregistre environ 3,6 millions de sorties cyclistes (contre 1 million pour la ViaRhôna et La Méditerranée à Vélo). Au total, ce sont près de 94 millions de kilomètres parcourus.

Un itinéraire qui séduit principalement le public touristique

Les voies vertes et itinéraires à vélo ne sont pas toujours synonymes d’attractivité touristique. La ViaRhôna est, par exemple, plutôt empruntée à des fins utilitaires ou sportives. La Vélodyssée se distingue, au contraire, par son public très majoritairement vacancier : 66 % de ses utilisateurs sont des cyclistes « loisirs »  (soit 20 points de plus que l’itinéraire « La Loire à Vélo » et 47 points de plus que la ViaRhôna). Les portions littorales sont, bien évidemment, celles qui présentent la part la plus importante de touristes parmi leurs usagers.

Ces chiffres expliquent la grande variété de profils rencontrés sur les routes de la Vélodyssée : 18 % sont des cyclistes solitaires, 33 % sont en couple et 37 % se baladent en famille.

La velodyssee, le site de l'Ile aux pies sur la rivière de l'Oust, Classe Grand Site Naturel Vue sur l'Oust. (Crédits : S.Bourcier - CRT Bretagne)
La velodyssee, le site de l’Ile aux pies sur la rivière de l’Oust, Classe Grand Site Naturel Vue sur l’Oust. (Crédits : S.Bourcier – CRT Bretagne)

Il s’agit principalement d’un tourisme de proximité, puisque 29 % des usagers sont originaires de départements vélodysséens, et seuls 18 % sont étrangers.

Les actions mises en place pour promouvoir la Vélodyssée

L’EV1-La Vélodyssée est portée par l’ensemble des territoires traversés, qui ont investi à hauteur de 150 millions d’euros pour son aménagement. De nombreuses actions sont mises en place pour promouvoir l’itinéraire :

  • un site web dédié extrêmement riche et complet ;
  • le déploiement par les collectivités territoriales de la marque nationale « Accueil Vélo » (580 établissements labellisés – hébergements, loueurs, offices de tourisme, lieux de visites – situés à moins de 5 km des pistes cyclables) ;
  • la promotion de l’itinéraire sur le plan national par France Vélo Tourisme ;
  • un partenariat noué avec le Guide du Routard et l’édition d’un guide consacré à la Vélodyssée en 2016 ;
  • le développement du projet Interreg AtlanticOnBike, d’un budget de 4,58 millions d’euros, ayant pour objectif de positionner l’EuroVélo 1 comme destination cyclable d’excellence ;
  • des actions de promotion au sein des comités départementaux et régionaux du tourisme (par exemple, Vendée Tourisme a développé son propre site web dédié au tourisme à vélo) ;
  • le développement de séjours « Vélodyssée » par des tours opérateurs privés et partenaires.
Exemple de séjour touristique Vélodyssée, proposé par l’agence Grand Angle
Exemple de séjour touristique Vélodyssée, proposé par l’agence Grand Angle

Vélodyssée : quelles retombées économiques pour les territoires ?

Le cyclotourisme connaît un succès croissant en France : en 2020, 21 millions de Français ont fait du vélo pendant leurs vacances. Cette forme de tourisme vert génère chaque année 90 millions de nuitées. On estime à 4,2 milliards d’euros les retombées directes du tourisme à vélo dans notre pays.

Selon une étude menée en 2018, la Vélodyssée représente une source de revenus considérable pour les territoires traversés. Le touriste à vélo dépense quotidiennement 71 €. Un tiers du budget est consacré à l’hébergement, 36 % à l’alimentation, 7 % aux produits du terroir, 6 % à la location de matériel.

Au total, l’impact économique direct de l’EV1-La Vélodyssée s’élève à 103,6 millions d’euros sur l’ensemble des territoires traversés, soit 80 000 € par kilomètre et par an. Le département de la Vendée en a fait un véritable atout économique, avec 23 millions d’euros générés chaque année.

À l’heure où le slow tourisme séduit de plus en plus, où la préoccupation environnementale est grandissante, le succès du projet Vélodyssée démontre l’intérêt, pour les territoires, de développer des offres touristiques vertes basées, notamment, sur le vélo comme facteur d’attractivité.

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