L’itinérance douce, pour un tourisme au rythme de la nature

À l’heure où les impacts environnementaux du tourisme de masse agitent les consciences, les diverses formes de tourisme alternatif connaissent un nouvel essor, séduisant un public en recherche d’expériences plus authentiques. Les territoires intègrent peu à peu les enjeux de ces pratiques émergentes, et notamment, ceux de l’itinérance douce.

Qu’est-ce que l’itinérance douce ?

Ce terme englobe toutes les formes de tourisme itinérant au moyen de mobilités douces, c’est-à-dire non motorisées. Il s’agit de partir à la découverte des territoires sur un itinéraire défini, en se déplaçant à pied, à vélo, à cheval, en kayak, en bateau à voile ou encore à dos d’âne, à trottinette…

Les profils d’itinérants sont aussi diversifiés que les objectifs poursuivis : sur les chemins et canaux, se croisent des solitaires en quête de défi sportif, des couples, des familles ou encore des amis à la recherche d’une expérience collective forte. De tous âges, ces voyageurs ont en commun le besoin d’un retour à l’essentiel : renouer avec la nature et vivre des rencontres authentiques.

 « L’itinérance douce est recherchée par des publics en quête de ce que l’on appelle couramment aujourd’hui des pratiques authentiques, là où l’humain et la nature ont encore du sens et de la place. »

Jean Corneloup, sociologue

Le tourisme itinérant s’inscrit ainsi dans une logique de slow tourisme (prendre le temps de voyager) et bien entendu, de tourisme durable.

L’itinérance douce : quels enjeux pour les territoires ?

Facteur d’attractivité, l’itinérance douce présente de nombreux atouts : elle permet de revitaliser les territoires ruraux ou enclavés, mais également d’étendre la saison touristique jusqu’aux « ailes de saison » (d’avril à octobre).

Le tourisme itinérant représente un véritable levier de croissance pour l’économie locale : dès 2008, une étude1 avait démontré que 1 € investi dans l’aménagement des itinéraires touristiques générait 10 € de retombées.

Si le potentiel économique de l’itinérance douce n’est plus à démontrer, l’enjeu pour les collectivités est de parvenir à organiser et développer une offre touristique de qualité. Cette mise en marché s’avère en réalité très complexe. Elle passe par la création et le balisage d’itinéraires attractifs, la proposition de prestations adaptées (hébergement, services) et la mise en place d’outils d’information et d’orientation (topo-guides, applications mobiles, etc.).

Quelques actions mises en place par les professionnels du tourisme

Les acteurs touristiques publics comme privés mettent en œuvre des dispositifs variés pour développer une offre itinérante et la promouvoir. Quelques exemples :

  • Le Chemin de Robert Louis Stevenson, dans les Cévennes, est un modèle de réussite d’itinérance culturelle douce. Le projet, coordonné par une association locale en partenariat avec les collectivités, valorise le chemin emprunté et raconté par l’écrivain écossais au XIXe siècle. Chaque année, 6 000 randonneurs l’empruntent, générant 2,9 millions de retombées économiques sur le territoire ;
  • L’initiative « Escapade nature sans voiture », portée le Réseau des Grands Sites de France (RGSF), a pour objectif de faire découvrir les sites exceptionnels tout en encourageant les mobilités durables. Un site internet dédié propose différents parcours testés et approuvés par Pierre, « escapadeur » chevronné, qui relate ses expériences dans des carnets téléchargeables. Le CRT Bretagne a engagé une démarche similaire avec le projet « En Bretagne sans ma voiture » ;
Escapade nature sans voiture
  • France Vélo Tourisme a créé le label national « Accueil Vélo », garantissant des services de qualité pour les cyclistes. Aujourd’hui, 5 000 prestataires sont labellisés : hébergements, restaurants, lieux de visite, offices de tourisme, loueurs et réparateurs de vélo ;
  • Le voyagiste Unghalak propose des séjours itinérants en kayak de mer en France et partout dans le monde ;
  • Développée en partenariat avec Michelin, la plateforme My Trip Tailor permet à l’internaute d’organiser son propre circuit itinérant et le met en relation avec une multitude de partenaires référencés ;
  • La Malle postale s’adresse principalement à une clientèle de randonneurs seniors souhaitant profiter des plaisirs de l’itinérance sans s’encombrer : elle propose des services de transport et de consigne de bagages, du convoyage de véhicule et du transport de personnes sur-mesure.

(1) Étude Altermodal – Pyrénées, 2008

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