Nantes a son éléphant, Toulouse a désormais son Minotaure !

Toulouse, début novembre. Un étrange spectacle se déroule sous les yeux ébahis de plus de 800 000 personnes dans les rues de la ville rose. Astérion le Minotaure, colosse de bois sculpté de 14 mètres de haut, déambule avec son araignée géante, 4 jours durant.

Véritable opéra urbain, « Le Gardien du Temple » subjugue les habitants et nombreux touristes venus pour l’occasion. Pour Toulouse Métropole, co-producteur du spectacle, le pari est gagné : la culture est bel et bien un levier pour booster l’attractivité touristique du territoire.

Une épopée fantastique orchestrée par La Machine

Aux manettes du spectacle, François Delarozière et son équipe de La Machine. La compagnie de théâtre de rue nantaise n’en est pas à son coup d’essai. Créée en 1999, elle a déjà de nombreuses créations à son actif : les Mécaniques Savantes à Liverpool, le Manège Carré Sénart, le Bateau Lavoir, la Serre volante et les Machines de l’Île à Nantes… Un univers empreint de poésie et d’étrangeté qui séduit depuis 20 ans.

Curieux mastodonte articulé

Astérion est une créature exceptionnelle. Au-delà de la poésie, c’est une véritable prouesse technique : constitué d’acier, de bois et de cuir, le mastodonte souffle de l’eau, pèse 47 tonnes et mesure 14 mètres. Pas moins de 17 machinistes sont nécessaires pour le faire évoluer. Une machine hybride, mi-thermique, mi-électrique, qui prend vie grâce au talent de manipulateurs aguerris.

Minotaure Toulouse

(Crédit photo : La Machine)

Mi-homme, mi-taureau, le Minotaure représente la sensibilité humaine associée à la puissance animale. Il est présenté comme le véritable « gardien du temple », protecteur de la ville et ses habitants. Il est accompagné d’Ariane, une araignée géante de 13 mètres, qui tisse sa toile et guide le colosse dans le labyrinthe urbain.

Araignée_ToulouseAriane, l’Araignée géante, tisse sa toile dans Toulouse (Crédit photo : Toulouse-tourisme.com)

Plus de 800 000 personnes dans les rues

En 4 jours, du 1er au 4 novembre 2018, le spectacle a réuni entre 800 000 et 900 000 personnes dans les rues toulousaines. Un succès d’envergure (350 000 personnes environ étaient attendues), faisant du Gardien du Temple le plus grand événement jamais organisé dans la ville rose. Il faut dire que les moyens ont été mis pour faire de ce spectacle une réussite : 195 membres de la Machine, 80 bénévoles, un chœur de 40 voix, des effets spéciaux… Le projet a d’ailleurs eu un écho important sur les réseaux sociaux ainsi que dans les médias, y compris étrangers (voir par exemple l’article que lui a consacré le New-York Times).

Une Halle de la Machine pour faire perdurer l’œuvre créative

Après 4 jours de déambulations, le Minotaure et son araignée ont rejoint la Halle de la Machine, en périphérie de Toulouse (Montraudan). Cette grande halle contemporaine de 6 000 m² a été conçue spécialement pour l’occasion, autour de la piste historique de l’Aéropostale rebaptisée La Piste des Géants. Elle accueillera près d’une centaine d’automates fantastiques de la compagnie (buffles, insectes et autres poissons mystérieux) et ambitionne 260 000 visiteurs chaque année.

Les ambitions touristiques de Toulouse Métropole

Selon François Delarozière, directeur artistique de La Machine, le Minotaure a vocation à devenir « le porte-drapeau métropolitain » de la ville. Pour la municipalité, l’enjeu est touristique. Elle espère doper l’attractivité de la ville par la culture. Le projet est ambitieux : près de 20 millions d’euros d’investissements (2,1 millions € pour le spectacle, 2,5 millions € pour le Minotaure et 15 millions € pour la construction et l’aménagement de la Halle des Machines). À ces 20 millions s’ajoute la somme de 500 000 euros versée chaque année par Toulouse Métropole à la compagnie, afin de garantir un ticket d’entrée accessible (entre 4,5€ et 9€). Un investissement dans la durée pour miser sur le tourisme culturel, à l’instar de la politique de développement menée par la ville de Nantes.

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