Le tourisme généalogique, une nouvelle manière de découvrir le monde

Selon un sondage réalisé en 2016 par OpinionWay pour Filae, 70% des Français s’intéressent à la généalogie. Certains d’entre eux vont au bout de leur démarche et se mettent à la recherche de leur histoire et de leurs ancêtres. Dans un monde aujourd’hui sans frontières, ils voyagent pour retrouver leurs racines : c’est le tourisme généalogique.

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Un véritable pèlerinage

Si le terme « pèlerinage » a une connotation religieuse, il s’agit également d’un « voyage entrepris dans l’intention de se recueillir sur les lieux où a vécu quelqu’un de célèbre ou dans les lieux où on a vécu soi-même autrefois » (Larousse). Partir à la recherche de ses origines s’apparente ainsi à un pèlerinage. Le tourisme généalogique a un sens profond : découvrir ses racines est un moyen de mieux se connaître à travers la vie de ses ancêtres. Les derniers siècles ont connu de grandes migrations, notamment coloniales. Ainsi, nombreux sont ceux qui ont aujourd’hui des milliers de kilomètres à parcourir pour retrouver leurs origines.

Quand les Québécois reviennent sur les terres de leurs ancêtres

Commençons par un peu d’histoire. C’est au XVIIe siècle que des vagues de colons viennent s’installer au Québec à partir de la fondation de la Compagnie de la Nouvelle-France par Richelieu. A l’époque, Samuel de Champlain décide que les Amérindiennes doivent épouser des Français, c’est pourquoi les Québécois ont largement des racines françaises. Il y a aujourd’hui un réel engouement autour de la généalogie au Québec. Au-delà des traditionnels sites internet et clubs, des émissions fleurissent à la télévision pour aider les Québécois dans leurs démarches.

Pour aller plus loin, certains font le choix du tourisme de racines. C’est principalement dans l’Ouest de la France que ces Canadiens d’origine française, voyagent. Environ un quart des Français partis peupler la Nouvelle-France étaient normands. Au Québec, parmi les 10 noms de familles les plus portés, 4 ont des origines exclusivement en Normandie : Tremblay, Gagnon, Côté et Gagné. Pierre Tremblay, originaire de l’Orne, voit aujourd’hui son nom porté par 80 000 Québécois ! L’influence de la Normandie et notamment de l’Orne est telle qu’un musée de l’émigration française au Canada est installé à Tourouvre (61).

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Comment favoriser le tourisme généalogique sur son territoire ?

Pour les régions de l’Ouest notamment, le tourisme généalogique représente une réelle opportunité économique. A Montréal, la Société généalogique canadienne-française a créé la Maison de la Généalogie : plus important centre de recherche concernant l’histoire et la généalogie des Canadiens-Français d’Amérique du Nord, elle est accessible au public et propose une formation sur les voyages généalogiques. Pour les acteurs touristiques des régions où les Québécois ont leurs racines, à l’image de la Normandie, contacter la SGCF peut être un moyen de mettre en place des circuits et attirer ainsi de nouveaux touristes.

SGCF

Comment accueillir ces touristes particuliers ?

Un exemple pertinent nous vient de Montbéliard. En 2017, une Américaine a rendu ce territoire attractif à travers un article le décrivant comme le « meilleur endroit de France pour le tourisme de la généalogie ». Elle y évoque l’histoire des sœurs Chapman : Originaires de l’Ohio, un état connu pour avoir accueilli nombre de Franc-Comtois au XIXe siècle, les sœurs Chapman décident un jour de se rendre à Montbéliard. Elles contactent l’office de tourisme local, déjà engagé dans une démarche de tourisme de racines, qui leur prépare alors un séjour personnalisé : visite de Valentigney en anglais, visite du musée de l’Aventure de Sochaux, du temple Saint-Martin de Montbéliard, etc. Si ce voyage semble tout à fait traditionnel pour découvrir la culture et le patrimoine local, l’office de tourisme va plus loin en mettant en relation les sœurs Chapman avec le Cercle de Généalogie du Pays de Montbéliard. Elles ont même l’occasion de rencontrer des habitants ayant le même patronyme que leurs ancêtres. De retour aux États-Unis, les deux sœurs ont estimé avoir vécu un réel conte de fée et envisagent de revenir avec d’autres membres de leur famille !

Cet exemple nous démontre comment un territoire peut favoriser le tourisme généalogique. L’office de tourisme de Montbéliard propose aux voyageurs qui le souhaitent une prestation totalement personnalisée avec programme de visites, hébergement, location de voiture, recherche des ancêtres. Le partenariat avec un cercle de généalogie local est la clé de voûte pour offrir une expérience unique et un véritable voyage dans le temps.

Montbéliard

L’organisation des voyages généalogiques

Certains professionnels du tourisme ont parfaitement compris comment tirer parti de cette nouvelle manière de voyager. C’est ainsi que EF Go Ahead Tours, spécialiste du tourisme généalogique, s’est associé avec la société privée de généalogie comptant le plus d’abonnés au monde, Ancestry.com. Ensemble, ils proposent des circuits complets comme le ferait un professionnel du voyage. Mais la différence est majeure puisque, cette fois, les voyageurs passent un test ADN et sont accompagnés par un chercheur durant leur voyage. Et parce que les attentes de chacun peuvent être très différentes, les deux partenaires ont également fait le choix de proposer un circuit personnalisé sans accompagnement sur place pour les touristes désireux de voyager seuls et à leur rythme afin de découvrir le territoire de leurs ancêtres.

Pour conclure

La colonisation a engendré un déplacement massif des populations. Aujourd’hui, en France et partout dans le monde, beaucoup se demandent quelles sont leurs origines, où vivaient leurs ancêtres et de quelle manière. L’enjeu est majeur pour les professionnels du tourisme qui doivent développer une autre manière de voyager en jouant sur le patrimoine culturel mais aussi sur l’aspect héritage. Le tourisme généalogique touche aussi bien les territoires ruraux que les villes, c’est donc également une belle opportunité de redynamiser les territoires.

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